Cryptos: le nouvel âge
de la monnaie


états, banques et géants du numérique luttent désormais pour percer dans un univers apparu après 2008 avec la création du bitcoin. Plongée dans une technologie révolutionnaire qui captive geeks et investisseurs.

Une histoire mouvementée

Du bitcoin au premier stablecoin suisse, les cryptomonnaies ont fait couler beaucoup d’encre (et quelques fortunes). Retour sur douze années de fièvre.

2008

Naissance du bitcoin

Il y a près de douze ans, quand un certain Satoshi Nakamoto – anonyme ou groupe anonyme dont personne n’a réussi à ce jour à percer l’identité – lançait le bitcoin, un protocole distribué permettant des paiements de pair à pair entièrement sécurisés, peu d’observateurs prédisaient un tel destin. Le timing était pourtant parfait en novembre 2008, soit un mois après la faillite de Lehman Brothers qui ébranlait la finance traditionnelle, pour proposer un projet «trustless», dont l’exécution ne repose pas sur la confiance en un tiers. Alexis Roussel observe que «le bitcoin n’a pas fait que reposer la question de la confiance dans la monnaie. Celle-ci était déjà d’actualité depuis la fin des accords de Bretton Woods et le retour à un dollar flottant. Il a apporté une alternative concrète, une monnaie pleine à l’émission maîtrisée.»

Cette cryptomonnaie a longtemps été confinée à sa communauté d’early adopters, comme le développeur Laszlo Hanyecz achetant en 2010 deux pizzas pour 10 000 bitcoins (65 millions de dollars au cours actuel). Elle a aussi fait les beaux jours du darknet et du trafic de drogue sur internet, profitant d’un registre de transactions transparent, mais dont les utilisateurs restent anonymes. Une image sulfureuse qui va longtemps lui coller à la peau, malgré la fermeture du site clandestin Silkroad en octobre 2013.

2008

Naissance du bitcoin

Il y a près de douze ans, quand un certain Satoshi Nakamoto – anonyme ou groupe anonyme dont personne n’a réussi à ce jour à percer l’identité – lançait le bitcoin, un protocole distribué permettant des paiements de pair à pair entièrement sécurisés, peu d’observateurs prédisaient un tel destin. Le timing était pourtant parfait en novembre 2008, soit un mois après la faillite de Lehman Brothers qui ébranlait la finance traditionnelle, pour proposer un projet «trustless», dont l’exécution ne repose pas sur la confiance en un tiers. Alexis Roussel observe que «le bitcoin n’a pas fait que reposer la question de la confiance dans la monnaie. Celle-ci était déjà d’actualité depuis la fin des accords de Bretton Woods et le retour à un dollar flottant. Il a apporté une alternative concrète, une monnaie pleine à l’émission maîtrisée.»

Cette cryptomonnaie a longtemps été confinée à sa communauté d’early adopters, comme le développeur Laszlo Hanyecz achetant en 2010 deux pizzas pour 10 000 bitcoins (65 millions de dollars au cours actuel). Elle a aussi fait les beaux jours du darknet et du trafic de drogue sur internet, profitant d’un registre de transactions transparent, mais dont les utilisateurs restent anonymes. Une image sulfureuse qui va longtemps lui coller à la peau, malgré la fermeture du site clandestin Silkroad en octobre 2013.

Juillet 2015

Création d’Ethereum

Le lancement d’Ethereum par Vitalik Buterin, en partie financé par la prévente de 60 millions d’ethers pour 31 590 bitcoins (18 millions de dollars à l’époque), marque un nouveau jalon. Il permet le codage d’applications décentralisées via des smart contracts et étend la potentialité de la blockchain bien au-delà de l’application monétaire.

Vitalik Burerin est co-fondateur d'Ethereum et de Bitcoin Magazine.
Vitalik Burerin est co-fondateur d'Ethereum et de Bitcoin Magazine.

2016

Lancement de DAO

Projet phare, The DAO est lancé en 2016 par l’équipe de la startup blockchain Slock.it, avec l’ambition de constituer un pool d’investissement pour projets liés à la blockchain, avec une gouvernance décentralisée d’un genre nouveau. Mais un hacking retentissant de 70 millions de dollars tue The DAO dans l’œuf, et aboutit à la séparation de deux blockchains Ethereum Classic et Ethereum. Yann Isola, product manager chez Swissquote, détaille: «On a désormais deux équipes de développeurs en compétition, mais qui font la course dans la même direction. On constate un intéressant volume de trading et une forte demande de nos clients sur Ethereum Classic»

Les fondateurs Slock.it: Christoph et Simon Jentzsch et leur associé, Stephan Tual.
Les fondateurs Slock.it: Christoph et Simon Jentzsch et leur associé, Stephan Tual.

2017

Éclatement de la bulle

En 2017, les cryptomonnaies éclatent au grand jour, avec une bulle spéculative sans précédent. Le prix du bitcoin est multiplié par vingt en un an, des monnaies jusqu’alors confidentielles comme le ripple connaissant même une augmentation de leur cours de 28 000%. La fièvre des ICO (initial coin offering) draine le grand public vers les projets blockchain naissants dont la plupart n’ont pas résisté à l’éclatement de la bulle début 2018.

La folle envolée du bitcoin depuis 2010

Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017 Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017


Source: buybitcoinworldwide.com

Juin 2019

Facebook entre en jeu

Le groupe Facebook se lance dans la course et annonce le lancement courant 2020 d’une monnaie virtuelle baptisée libra. Celle-ci reposera sur une blockchain «open source» et devrait permettre à tous les participants d'y développer leurs applications afin de faciliter les paiements internationaux, entre particuliers ou acteurs commerciaux.

Mars 2020

Le premier Franc électronique

La cryptobanque zurichoise Sygnum émet depuis la fin mars le premier franc électronique sur la blockchain. Baptisé DCHF, il prend la forme d’un jeton de paiement entièrement collatéralisé avec le «vrai» franc suisse pouvant circuler sur une blockchain. Il est donc le premier DLT helvétique et devance ainsi les projets de franc électronique de la Banque nationale.

Mathias Imbach Co-fondateur et PDG Singapour de Sygnum.
Mathias Imbach Co-fondateur et PDG Singapour de Sygnum.

2008

Naissance du bitcoin

Il y a près de douze ans, quand un certain Satoshi Nakamoto – anonyme ou groupe anonyme dont personne n’a réussi à ce jour à percer l’identité – lançait le bitcoin, un protocole distribué permettant des paiements de pair à pair entièrement sécurisés, peu d’observateurs prédisaient un tel destin. Le timing était pourtant parfait en novembre 2008, soit un mois après la faillite de Lehman Brothers qui ébranlait la finance traditionnelle, pour proposer un projet «trustless», dont l’exécution ne repose pas sur la confiance en un tiers. Alexis Roussel observe que «le bitcoin n’a pas fait que reposer la question de la confiance dans la monnaie. Celle-ci était déjà d’actualité depuis la fin des accords de Bretton Woods et le retour à un dollar flottant. Il a apporté une alternative concrète, une monnaie pleine à l’émission maîtrisée.»

Cette cryptomonnaie a longtemps été confinée à sa communauté d’early adopters, comme le développeur Laszlo Hanyecz achetant en 2010 deux pizzas pour 10 000 bitcoins (65 millions de dollars au cours actuel). Elle a aussi fait les beaux jours du darknet et du trafic de drogue sur internet, profitant d’un registre de transactions transparent, mais dont les utilisateurs restent anonymes. Une image sulfureuse qui va longtemps lui coller à la peau, malgré la fermeture du site clandestin Silkroad en octobre 2013.

Juillet 2015

Création d’Ethereum

Le lancement d’Ethereum par Vitalik Buterin, en partie financé par la prévente de 60 millions d’ethers pour 31 590 bitcoins (18 millions de dollars à l’époque), marque un nouveau jalon. Il permet le codage d’applications décentralisées via des smart contracts et étend la potentialité de la blockchain bien au-delà de l’application monétaire.

Vitalik Burerin est co-fondateur d'Ethereum et de Bitcoin Magazine.
Vitalik Burerin est co-fondateur d'Ethereum et de Bitcoin Magazine.

2016

Lancement de DAO

Projet phare, The DAO est lancé en 2016 par l’équipe de la startup blockchain Slock.it, avec l’ambition de constituer un pool d’investissement pour projets liés à la blockchain, avec une gouvernance décentralisée d’un genre nouveau. Mais un hacking retentissant de 70 millions de dollars tue The DAO dans l’œuf, et aboutit à la séparation de deux blockchains Ethereum Classic et Ethereum. Yann Isola, product manager chez Swissquote, détaille: «On a désormais deux équipes de développeurs en compétition, mais qui font la course dans la même direction. On constate un intéressant volume de trading et une forte demande de nos clients sur Ethereum Classic»

Les fondateurs Slock.it: Christoph et Simon Jentzsch et leur associé, Stephan Tual.
Les fondateurs Slock.it: Christoph et Simon Jentzsch et leur associé, Stephan Tual.

2017

Éclatement de la bulle

En 2017, les cryptomonnaies éclatent au grand jour, avec une bulle spéculative sans précédent. Le prix du bitcoin est multiplié par vingt en un an, des monnaies jusqu’alors confidentielles comme le ripple connaissant même une augmentation de leur cours de 28000%. La fièvre des ICO (initial coin offering) draine le grand public vers les projets blockchain naissants dont la plupart n’ont pas résisté à l’éclatement de la bulle début 2018.

La folle envolée du bitcoin depuis 2010

Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017 Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017


Source: buybitcoinworldwide.com

Juin 2019

Facebook entre en jeu

Le groupe Facebook se lance dans la course et annonce le lancement courant 2020 d’une monnaie virtuelle baptisée libra. Celle-ci reposera sur une blockchain «open source» et devrait permettre à tous les participants d'y développer leurs applications afin de faciliter les paiements internationaux, entre particuliers ou acteurs commerciaux.

Mars 2020

Le premier Franc électronique

La cryptobanque zurichoise Sygnum émet depuis la fin mars le premier franc électronique sur la blockchain. Baptisé DCHF, il prend la forme d’un jeton de paiement entièrement collatéralisé avec le «vrai» franc suisse pouvant circuler sur une blockchain. Il est donc le premier DLT helvétique et devance ainsi les projets de franc électronique de la Banque nationale.

Mathias Imbach Co-fondateur et PDG Singapour de Sygnum.
Mathias Imbach Co-fondateur et PDG Singapour de Sygnum.

Quelques tokens choisis

Bitcoin (BTC)

Pionnier des monnaies virtuelles, le bitcoin a été créé en 2009 par Satoshi Nakamoto. Faisant suite à la chute de la Banque Lehman Brothers, le protocole Bitcoin se veut le premier réseau pair à pair décentralisé. Une sorte de registre immuable qui fonctionne grâce à ses utilisateurs et sans intermédiaire. Lors de son évolution, le bitcoin connaît des fluctuations brutales mais demeure à présent la cryptomonnaie la plus stable, minée quotidiennement par des centaines de programmeurs et par des entreprises spécialisées, la plupart du temps basées en Chine.

Ethereum (ETH)

Le protocole Ethereum est également intangible, sécurisé et non contrôlé par une entité centrale. Etabli en 2015 par Vitalik Buterin, ethereum a pour but de développer de nouveaux cas d’utilisation de la blockchain, notamment avec le concept de «smart contracts». Ces contrats intelligents s’exécutent automatiquement sur le réseau via des conditions prédéfinies. Une invention qui fera de l’ether la deuxième plus importante monnaie cryptographique au monde.

Ripple (XRP)

Troisième en volume de monnaie numérique, le ripple est souvent décrit comme une alternative au bitcoin avec un nombre de nœuds limité par une autorité centrale. Lancé en 2012 sur les concepts de Ryan Fugger, ce protocole est un système de règlement en temps réel, un marché de change et un réseau d’envoi de fonds géré par la société du même nom, Ripple. Grâce à ses transactions ultrarapides (1400 transactions par seconde contre 4 à 7 pour Bitcoin), ce réseau prétend éviter les frais et le temps d’attente des échanges bancaires traditionnels.

Litecoin (LTC)

Basée sur le même code source ouvert que le bitcoin, le litecoin est néanmoins plus rapide et moins cher. Celui-ci nécessite 2 minutes 30 pour générer un bloc, contre 10 minutes pour le bitcoin. Utilisé pour des transactions moins importantes, le litecoin, créé en 2011 par Charlie Lee, est réputé plus efficace pour un usage quotidien.

Bitcoin Cash (BCH)

Autre version du bitcoin, le Bitcoin Cash trouve ses racines dans un désaccord sur la taille des blocs. En 2017, une partie de la communauté bitcoin désire en effet pouvoir générer plus de transactions et propose de rejeter la limitation de la taille des blocs, initialement conçue par Satoshi Nakamoto pour maximiser la sécurisation du registre. Leur demande est rejetée, afin d’éviter une potentielle montée de la puissance informatique nécessaire et une centralisation du traitement des données. De cette divergence de point de vue, une bifurcation (fork), naît, basée sur le code original du bitcoin avec une taille de blocs étendue: Bitcoin Cash.

Tezos (XTZ)

Pensée comme une solution concurrente d’Ethereum, car permettant de créer facilement des smart contracts, Tezos s’est fait remarquer en levant l’équivalent de 232 millions de dollars à l’occasion de son ICO en juin 2017. L’une des principales propositions est une gouvernance autorégulée au sein même du protocole informatique, qui prévoit les modalités d’amendement de la blockchain, votée par la communauté. Basée sur la preuve d’enjeu, la validation d’un bloc est assumée par un mineur défini (baker) et contrôlée par 32 autres (endorsers), rémunérés pour le travail. Un système alternatif à la preuve de travail d’Ethereum qui autorise un nombre et une vitesse de transactions accrus.

Stellar Lumens (XLM)

Parmi les projets blockchain les plus suivis, cette cryptomonnaie créée en 2014 est basée sur la preuve d’enjeu. Né d’un fork de Ripple, le DLT Stellar est souvent présenté comme une alternative à PayPal. Décentralisé, le système permet des paiements transfrontaliers ultrarapides avec des frais de transaction et de change plus limités. Le réseau peut supporter jusqu’à 1000 transactions par seconde, qui mettent en moyenne 2 à 5 secondes à passer.

Augur (REP)

Projet historique sur Ethereum, Augur est un réseau décentralisé qui permet de créer des marchés de prédiction et d’en vérifier la réalisation (Oracle). Trois types d’acteurs se retrouvent sur Augur: les market creators qui créent l’événement (par exemple «Donald Trump sera-t-il réélu?») et définissent les gains potentiels des participants, les traders qui prennent les paris, et les vérificateurs qui donnent le résultat effectif après réalisation (réélection ou non). Le vérificateur met en gage ses tokens REP, confisqués et redistribués si un faux résultat est annoncé. Ainsi, la tricherie et l’erreur sont quasiment impossibles. Le système vise à utiliser l’intelligence collective des parieurs pour évaluer la probabilité de réalisation d’un événement, d’où la notion de prédiction. Tout détenteur de REP peut rapporter le résultat de l'événement sur lequel les paris ont été faits. Si l'information rapportée est juste, ils sont rémunérés, sinon ils perdent une part de leurs REP.

Chainlink (LINK)

Utilisé de façon croissante, en particulier dans le cadre de la finance décentralisée, Chainlink se définit comme un système d’oracles décentralisés. Il apparaît comme le chaînon manquant entre les mondes off-chain et on-chain, en permettant aux smart contracts d’accéder à des informations disponibles seulement hors de la blockchain. Un cas d’utilisation est celui d’une application décentralisée fonctionnant comme une assurance et qui permet de se faire rembourser un billet d’avion en cas de retard ou d’annulation. Cette application utilise le réseau d’oracle de Chainlink, qui compile et analyse différentes sources pour déterminer la durée du retard ou la réalité de l’annulation, et permet ainsi l’exécution du remboursement éventuel.

0x (ZRX)

0x est un système d’échange décentralisé de pair à pair, qui permet de réduire les frais de transactions (achat ou vente) de tokens émis sur la blockchain Ethereum. A cause de la dispersion des plateformes d’échange et le grand nombre de jetons existants, certains ordres ne peuvent pas s’exécuter sur une même opération. Des «relayeurs» diffusent un ordre d’achat ou de vente sur les carnets d’ordre de différentes plateformes de trading, effectuant ainsi un scan de l’offre et de la demande. Si un vendeur trouve preneur grâce à un relayeur, ce dernier est rémunéré en jeton ZRX. La solution, qui permet de trouver de la liquidité sur un marché secondaire des jetons qui en manque cruellement, est utilisée de façon croissante, notamment dans la finance décentralisée.

Quelques tokens choisis

Bitcoin (BTC)

Pionnier des monnaies virtuelles, le bitcoin a été créé en 2009 par Satoshi Nakamoto. Faisant suite à la chute de la Banque Lehman Brothers, le protocole Bitcoin se veut le premier réseau pair à pair décentralisé. Une sorte de registre immuable qui fonctionne grâce à ses utilisateurs et sans intermédiaire. Lors de son évolution, le bitcoin connaît des fluctuations brutales mais demeure à présent la cryptomonnaie la plus stable, minée quotidiennement par des centaines de programmeurs et par des entreprises spécialisées, la plupart du temps basées en Chine.

Une technologie efficace et transparente

La force des monnaies digitales réside dans des innovations technologiques basées sur la blockchain. Un facteur essentiel qu’il est important de bien comprendre.

Abstrait, trop abstrait. Souvent entendue de la bouche de ses détracteurs, la valeur du bitcoin ne reposerait sur rien. Qualifiée de monnaie virtuelle, d’actif exclusivement spéculatif, voire de schéma de Ponzi, la cryptomonnaie serait un mode de règlement réservé à une poignée d’illuminés et de trafiquants sur le darknet. Une expérimentation sociale sans avenir, condamnée aux oubliettes de l’ère digitale.

L’argument résiste mal à l’analyse. En premier lieu parce que la monnaie est en elle-même abstraite, une abstraction vieille de 7000 ans quand l’or et l’argent ont commencé à se généraliser dans le bassin méditerranéen pour sortir du troc. Inaltérable, facilement divisible, et avec une masse globale relativement stable (car son extraction est limitée), l’or s’est imposé en tant qu’étalon décentralisé bien avant que les Etats ne battent monnaie et n’en standardisent l’émission. Des caractéristiques qui ont conduit le métal jaune à rester, au fil des millénaires, une valeur refuge et que le bitcoin, système inviolable, distribué et dont seules 21 millions d’unités seront produites dans l’histoire, ne manque pas d’évoquer.

«L’avantage est qu’avec les smart contracts, plusieurs opérations peuvent être intégrées au sein d’une même transaction dite flash loan – par exemple emprunt et arbitrage – qui se réalise automatiquement quand les conditions de profitabilité sont réunies.» Cyril Lapinte, développeur blockchain genevois engagé dans la DeFi

La cryptomonnaie, bien que digitale, n’est pas virtuelle, et c’est probablement le plus difficile à comprendre. A la différence des écritures, la blockchain résout le problème informatique de la double dépense. En clair, je transfère un bitcoin comme je donne un billet de 100 francs. L’opération est sûre et définitive, on ne peut pas revenir dessus et je suis seul responsable de mon porte-monnaie. S’il présente les caractéristiques de l’or en tant que réserve de valeur, le bitcoin s’apparente au cash dans l’exécution des transactions. Ce pourquoi l’image du blanchiment lui colle à la peau.

L’importance du consensus

Pour autant, les facteurs techniques ne sont rien s’ils ne sont pas compris. Car la valeur d’une monnaie réside dans l’adhésion, la constitution d’un consensus au sein d’une communauté.

Le consensus le plus sécurisé est celui reposant sur la «proof of work» (tels bitcoin ou ethereum), preuve de travail qui met en concurrence l’ensemble des nœuds d’une blockchain pour la réalisation d’un bloc. Cette compétition informatique est énergivore mais garantit un niveau de sécurité maximal. Toutefois, elle rencontre une limitation importante: le nombre de transactions supportées par le réseau, entre 4 et 7 actuellement pour le bitcoin, constitue un frein important à la scalabilité.

Pour gagner en efficacité, d’autres blockchains (Tezos ou Lumens par exemple) utilisent le consensus de «proof of stake», preuve d’enjeu. Le bloc est ici confié à un mineur défini (baker) et vérifié par 32 nœuds, rémunérés pour ces opérations. La sécurisation repose sur l’intérêt commun qu’ont les parties prenantes à mener à bien la transaction. Le nombre de transactions par seconde est plus important et le processus est moins énergivore, ce qui augmente la capacité technique du réseau de s’adapter à une hausse des besoins.

Une plateforme participative à Neuchâtel

Parmi ceux qui s’attellent à démocratiser les smart contracts, Fabio Bonfiglio et son projet de DAO neuchâteloise (NEDAO). Il s’agit d’offrir aux citoyens la possibilité de proposer, lancer et gérer des projets participatifs ou d’innovations partagées. Notamment en intéragissant avec la plateforme sans devoir dévoiler toutes leurs informations comme aujourd’hui. Fabio Bonfiglio donne un exemple: «Si on doit prouver par exemple qu’on est résident, les autorités voient notre adresse et n’ont pas accès au reste des informations personnelles.» L’ouverture de NEDAO au grand public est prévue durant le second semestre 2020.

Fabio Bonfiglio

Les smart contracts

L’élément le plus innovant de la blockchain aujourd’hui, ce sont les smart contracts. Ces derniers définissent le protocole par lequel l’ordinateur va exécuter les ordres et appliquer les règles établies. De nombreuses transactions sont basées sur cette technologie. «On peut, par exemple, imposer qu’une autorisation supplémentaire soit nécessaire pour un montant de transaction élevé, explique Adrien Treccani, CEO de la fintech Metaco. Par définition, les smart contracts sont immuables et ne peuvent donc pas être altérés. Ils permettent également de créer des jetons, et donc de tokéniser des objets ou des produits immatériels, notamment financiers. Cela peut être un immeuble, un tableau ou encore un diamant», poursuit le CEO.

Comme une monnaie, les tokens sont divisibles, stockables et transférables. Les exemples pullulent, notamment dans le secteur de l’immobilier ou des jeux vidéos.

La finance décentralisée

Le jeune écosystème souffre toutefois d’un manque de liquidité et d’une absence de marché secondaire. Des expérimentations sont menées pour apporter de la liquidité, en particulier via la finance décentralisée (DeFi). Celle-ci permet d’emprunter et de prêter de pair à pair, et de créer des produits financiers sans l’intermédiaire d’une banque. Une expérimentation sociale qui draine déjà plus de 600 millions de dollars.

Comment se déroule ce processus? La plateforme Maker DAO crée un système d’emprunts et de prêts accessibles à tous via son tokens, le DAI (valeur stable de 1 dollar). Les DAI sont générés sur la base d’un collatéral, sorte de garantie de l’emprunt, déposé en Ether par les emprunteurs. Les taux emprunteurs et prêteurs sont constamment réajustés par la communauté Maker DAO elle-même. Prêt et emprunt peuvent théoriquement servir à financer des projets, mais restent avant tout un outil de spéculation.

Expérimentation financière encore imparfaite, la DeFi a été secouée par le krach du marché en mars 2020, durant lequel beaucoup de positions ont dû être liquidées.

La crise du Covid-19 a infléchi le boom de la finance décentralisée

Valeur mondiale totale de la DEFI en dollars depuis 2017

Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017 Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017

Comptabilité à triple entrée

Autre innovation et non la moindre, la blockchain pourrait ouvrir une nouvelle révolution, celle de la comptabilité en partie triple. Accessibles à toutes les parties concernées, les opérations et leur date exacte d’exécution (timestamp) sont consultables à tout moment et de façon transparente. Facilitant l’audit et diminuant drastiquement les possibilités de fraude, elle pourrait, selon certains observateurs, faciliter l’accès au financement, notamment pour les PME.

Un placement hautement volatil

Investir dans les cryptomonnaies requiert des nerfs solides tant elles oscillent entre euphorie et effondrement. Elles sont toutefois utiles pour diversifier un portefeuille.

Le bitcoin représente 70% des échanges

Source: Statista

90% des transactions sont purement spéculatives

Utilisations des bitcoins sur trois ans, en pourcentage

Source: Chainalysis

Traders occasionnels comme professionnels le savent, plus que sur n’importe quel autre marché, il faut avoir les nerfs solidement accrochés quand on traite de cryptomonnaies. Et pour cause: les cryptomonnaies varient en moyenne de 90 à 100% par an. Le bitcoin a ainsi enregistré jusqu’à 40% de baisse sur une journée.

Doser son exposition

Les cryptomonnaies trouvent une utilité en tant qu’outil de diversification d’un portefeuille, relève Arnaud Masset, Senior Market Strategist pour la Banque Swissquote à Gland. Il conseille de limiter autour de 4 à 5% l’exposition d’un portefeuille aux cryptomonnaies pour les investisseurs présentant une «certaine aversion au risque» et d’aller jusqu’à 15 à 20% maximum pour les «profils action».

Arnaud Masset

L’avantage d’une faible corrélation avec les autres actifs

Corrélation sur 90 jours entre le bitcoin et l’or et le S&P500

Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017 Valeur mondiale totale en dollars depuis 2017


Source: CB-Insight

La ventilation par cryptomonnaie doit aussi prendre en compte le profil de risque. Plus stables, l’ether et le bitcoin prendront une part plus importante chez les investisseurs plus prudents, alors que les plus aventureux tenteront des projets plus récents et prometteurs.

S’informer sur les projets

Audrey Charmant

Bien s’informer est d’autant plus important que, selon Audrey Charmant, analyste en cryptomonnaies à Genève, les placements se font sur du moyen à long terme pour les particuliers: «Les frais de transaction sont trop importants pour imaginer gagner de l’argent sur de l’intraday (durant la même séance, ndlr). 0,26% sur la plateforme d’échange de cryptomonnaies kraken, par exemple.» La spécialiste conseille de suivre les projets sur le site Reddit, où les communautés échangent, ou encore l’application de messagerie Telegram, «malgré la présence d’un certain nombre de scams (arnaques, ndlr)»

Arnaud Masset, de Swissquote, relève toutefois que «les canaux d’information sont souvent biaisés. En plus des sujets payés, certains soutiennent des thèses en fonction de leurs investissements.» Dans cette jungle où il reste difficile de s’orienter, certains spécialistes comme Audrey Charmant conseillent de ne viser que le top 50, voire le top 20 des cryptomonnaies en termes de capitalisation de marché.

Comment déclarer ses cryptomonnaies?



Dans le domaine des cryptomonnaies, la Suisse n’a pas créé de législation fiscale spécifique. D’un point de vue global, trois catégories de tokens sont à distinguer.

1. Les native tokens, ou cryptomonnaies telles le bitcoin ou l’ether: assimilées à des devises, le détenteur doit les déclarer. «Si on en reçoit de son employeur, c’est un salaire. Si elles prennent de la valeur, c’est en principe un gain en capital. J’ai vu des gens spéculer: cela pose la question des plus-values sur des actifs (qui sont exonérées en Suisse, sauf si cela dépasse la simple gestion de la fortune privée et là on peut être requalifié de professionnel et taxé sur le gain). C’est un actif comme une monnaie, du vin ou de l’or», précise Pierre-Marie Glauser, professeur de droit fiscal à l’Université de Lausanne et avocat, associé de l’étude Oberson Abels à Lausanne et Genève.

Pierre-Marie Glauser

2. Les utility tokens: ces jetons donnent droit à une prestation numérique (utilisation d’une plateforme ou de services informatiques). Fiscalement, il s’agit de fortune à déclarer, mais ce type de produit ne génère habituellement pas de revenus. Leur revente peut par contre déboucher sur une plus-value exonérée ou imposable selon la situation de chacun.

3. Les asset-back tokens: ils sont adossés aux activités de l’entreprise, avec plusieurs cas de figure à catégoriser. Certains s’apparentent à des instruments de dette comme des obligations, dont les rendements sont soumis à l’impôt anticipé et à l’impôt sur le revenu. D’autres constituent des jetons de capital propre, avec droit à une prestation calculée en fonction des bénéfices ou produits de liquidation de l’entreprise. Les derniers (les jetons de participation) donnent droit à une part d’une valeur de référence de la société (EBIT, royalties, chiffre d’affaires…). Ces deux dernières catégories de tokens doivent aussi être possible d’utiliser. Pour les plus exigeants, ce stockage physique peut se faire dans une pièce exempte de réseau. L’utilisateur dispose ainsi d’une bonne sécurité mais se trouve contraint de devoir opérer depuis ce lieu. Les hot storages comprennent, eux, le stockage en ligne ainsi que les solutions qui nécessitent un réseau. Ils sont plus faciles d’accès mais potentiellement plus accessibles au piratage.

Ne pas tomber dans l’émotionnel

Ecueil capital à éviter, le basculement dans l’émotionnel. Arnaud Masset, de Swissquote, invite à découper son investissement en tranches de 10% par exemple: «Il faut cibler un prix d’entrée. On commence à rentrer un peu avant. Puis racheter à la baisse en suivant l’évolution. Si ça remonte, on aura déjà un bout.» L’essentiel étant de s’être fixé son plan au préalable pour rentrer et sortir et de s’y tenir: «Il faut accepter d’encaisser 50% d’une hausse ou éviter 50% d’une baisse, c’est déjà satisfaisant.»

Comment les stocker?

Les détenteurs de crypto ont le choix entre des cold et des hot wallets. Les premiers contiennent une clé qu’il sera ensuite possible d’utiliser. Pour les plus exigeants, ce stockage physique peut se faire dans une pièce exempte de réseau. L’utilisateur dispose ainsi d’une bonne sécurité mais se trouve contraint de devoir opérer depuis ce lieu. Les hot storages comprennent, eux, le stockage en ligne ainsi que les solutions qui nécessitent un réseau. Ils sont plus faciles d’accès mais potentiellement plus accessibles au piratage.

Une affaire d’Etats

Banques commerciales, banques centrales ou les géants du numérique comme facebook se positionnent dans les stablecoins, dans une lutte pour la souveraineté monétaire.

Pas une semaine sans que l’actualité ne se fasse écho d’une annonce liée aux DLT. Fin mars 2020, la cryptobanque zurichoise Sygnum annonçait le lancement d’une cryptomonnaie adossée au franc suisse et à valeur stable de 1 franc. Basé sur une DLT (distributed ledger technology), le jeton est transférable directement sans intermédiaire, réduisant les temps et coûts de transactions via l’utilisation de smart contracts par les banques et clients institutionnels utilisateurs.

Loin d’être isolée, cette annonce s’inscrit dans une tendance de fond qui a déchaîné la sphère économique et politique en 2019.

Principal catalyseur de cette évolution, le lancement du projet Libra. Initié par Facebook, ce dernier a réuni lors de sa fondation, en juin 2019, des entreprises parmi les plus en vue de la sphère numérique et du paiement, telles que PayPal, Mastercard et Iliad (Xavier Niel), avec en ligne de mire la création d’une cryptomonnaie adossée à un panier de devises.

Les cryptomonnaies attirent de plus en plus d’utilisateurs dans le monde

Source: Statistat/Abra

L’annonce de ce projet a suscité une levée de boucliers des Etats, inquiets de voir une monnaie concurrente toucher 1,7 milliard d’utilisateurs du réseau social et porter atteinte à leur souveraineté. Le ministre de l’Economie française Bruno Le Maire annonçait en octobre vouloir interdire la libra dans l’Union européenne.

Alexis Roussel

Alexis Roussel, pionnier suisse des cryptomonnaies et fondateur de la plateforme de trading Bity à Neuchâtel, relève le tsunami déclenché par ce projet: «Cela faisait 300 ans que la création monétaire était un monopole des banques centrales. Alors quand Facebook, plus gros qu’un Etat, fait du bitcoin, les Etats prennent une baffe et on se met alors à parler de cryptos gérées par les Etats. Ceux qui dirigent la finance traditionnelle ont fini par comprendre que leur hégémonie n’est plus totale.»

De fait, la cryptomonnaie est devenue une «affaire d’Etats».

En parallèle, les projets de cryptomonnaies de banques centrales fleurissent. Notamment avec l’annonce d’un partenariat entre la BNS et SIX pour expérimenter un cryptofranc, ou encore celle de la Banque centrale suédoise en février 2020 d’un test d’une «e-couronne».

80% des banques centrales étudient la possibilité de lancer leur monnaie digitale

Sondage effectué en janvier 2020 par la Banque des règlements internationaux

Source: bis.org, CB-Insight

Pour Yves Bennaïm, acteur genevois de l’écosystème Bitcoin et blockchain, on assiste à une lutte politique intense: «Une cryptomonnaie de banque centrale pourrait permettre de reprendre le contrôle sur la masse monétaire et aller vers la fin du cash souhaitée par beaucoup d’Etats. Quant à la libra, on est dans la démarche d’une citoyenneté sans Etat, l’objectif des GAFAM.»

Une question politique mondiale

Confronté à des difficultés régulatoires et à l’opposition vent debout des gouvernements de différents pays, notamment en Union européenne et Etats-Unis, Facebook a changé son fusil d’épaule. Il se concentre sur Novi, un wallet (porte-monnaie électronique) qui permettra des paiements de pair à pair entre membres du réseau, ce que détaille Vincent Pignon, fondateur de WeCan.Fund à Genève, et acteur au sein de Libra: «L’idée d’un DLT basé sur un panier de devises est difficilement applicable d’un point de vue régulatoire. Aujourd’hui, Facebook, via Novi, vise à pouvoir intégrer des stablecoins nationaux notamment. On est passé d’une logique de concurrence à une coopération, coconstruction avec les gouvernements.»

Novi

Pour Yves Bennaïm, observateur et acteur de la cryptosphère genevoise, le projet peut même se révéler une opportunité géopolitique, en particulier pour le gouvernement américain: «Imaginer une cryptomonnaie adossée au dollar toucher les populations non bancarisées d’Afrique permettrait de contrer l’avancée de la Chine sur le continent.»

Bitcoin, le véritable stablecoin?

La tournure politique est singulière pour un outil initialement confidentiel, conçu pour apporter de la stabilité dans les échanges cryptos. Pionnier du genre, le tether (valeur de 1 dollar) permet de procéder à du trading de cryptomonnaies sur des plateformes d’échanges sans repasser par les monnaies nationales, constituant une économie sur les frais et d’importantes facilités régulatoires.

Puis certaines banques commerciales comme JP Morgan se sont mis à émettre leurs propres DLT pour favoriser les transactions, notamment transfrontalières. «Chacun a la tentation de créer sa propre planche à billets en devenant émetteur, relève Yves Bennaïm. Mais la question de la stabilité reste discutable en adossant une cryptomonnaie à un actif comme le dollar, alors même que les Etats-Unis se lancent à nouveau dans une création monétaire sans précédent et nécessairement inflationniste.»

Le bitcoin et son émission totalement contrôlée (21 millions dans l’histoire) pourraient alors fournir le véritable gage de stabilité. Vincent Pignon, fondateur de WeCan.Fund et acteur du projet Libra, estime cependant sa volatilité encore trop forte pour répondre à l’objectif: «La planche à billets fait que l’argent devient, de manière croissante, déconnecté de toute réalité. La question sur quoi repose la monnaie et la confiance en celle-ci est reposée. En ce sens, le bitcoin se pose comme une pure cryptomonnaie. Le problème est que son cours varie trop, à cause du détournement vers un usage très largement spéculatif, et c’est encore sa limite aujourd’hui.»

Lexique

Blockchain

Solution technologique de stockage et transmission d’informations sécurisée, transparente décentralisée. Une «chaîne de blocs» comporte une série de noeuds et de blocs qui contiennent des transactions et informations , dont chacun peut vérifier la validité, à la manière d'un livre comptable transparent, pseudonyme et infalsifiable.

DLT

Les Distributed Ledger Technologies, ou technologies des registres distribués, correspondent à un système numérique qui enregistre les échanges et les informations qui y sont liés dans plusieurs emplacements simultanément, et non dans un registre centralisé de référence ou d’administration. Dans ce système, chaque nœud opère et vérifie chaque élément des transactions. La comparaison des différents nœuds valide la véracité des éléments et rend l’information pratiquement infalsifiable. La blockchain est le type d’application le plus connu des DLT.

Stablecoin

Cryptomonnaie rattachée à un actif ou à un panier d’actifs (devise d’une banque centrale, matières premières, métaux précieux ou industriels, autres cryptomonnaies) dont la valeur est stabilisée dans une fourchette de cours (par différents moyens techniques).

Scalabilité

Possibilité technique d’adapter le réseau à une hausse des besoins afin de répondre à des défis tels que le ralentissement des temps de transactions ou l’accroissement des frais d’utilisation.

Proof of work

Composante du processus de minage qui permet de déterminer qui sera le prochain mineur autorisé à ajouter le prochain bloc à la blockchain.

Token

Actif numérique individualisé par son créateur. Il est basé sur une blockchain, qui permet son émission et autorise son échangeabilité. Unique et infalsifiable, un token voit l’ensemble de ses échanges sécurisés et enregistrés dans un registre non modifiable. Non duplicable, un token est en revanche librement transférable en ligne entre deux parties.

Fork (bifurcation)

Les protocoles de minage peuvent être modifiés pour plusieurs raisons (bug, attaque malveillante, souhait de certains développeurs de corriger le protocole pour l’améliorer). Si la modification est adoptée par un certain nombre d’utilisateurs, cela donne naissance à une blockchain alternative. La blockchain originale continue de fonctionner et une nouvelle blockchain voit le jour à partir du fork.

Minage

Mise à disposition de la puissance de calcul d’un système informatique (ordinateur notamment) pour traiter des transactions et sécuriser le réseau.

Smart Contract

Contrats intelligents à exécution automatique, dont les termes de la transaction sont inscrits dans les lignes de code. Le contrat est hébergé sur une blockchain, ce qui permet d’effectuer transactions et accords de confiance sans recourir à une autorité centrale issue d’une tierce partie. Grâce à cela, les transactions sont tracées, transparentes et irréversibles.

ICO (Initial Coin Offering)

Méthode de levée de fonds basée sur l’émission d’actifs numériques, appelés tokens, échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet.

Wallet

portefeuille de stockage des crypto-monnaies sur un ordinateur ou en ligne, avec des clefs cryptées pour sécuriser l'accès aux données. Chaque monnaie peut avoir son propre wallet. Pour davantage de sûreté, un périphérique de stockage physique peut constituer une alternative. Il est également possible de stocker ses crypto-monnaies sur des échanges en ligne, mais les risques de piratage des données sont plus élevés.